|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
Art et perception
« Qu'est-ce que cette prétendue réalité, cette théorie, sinon une merveilleuse, et au fond, très humaine illusion? »
(Escher, dans Locher, 1992, p. 68)
Escher doit une bonne part de sa popularité à ses représentations graphiques des mondes impossibles. La production de telles gravures résulte des recherches qu'il a menées sur la perspective.
Art et perception
Le système graphique permettant de représenter la profondeur sur une surface plane, une feuille de papier par exemple, a été mis au point à la Renaissance, au XVe siècle. L'une de ces lois de la perspective veut que toutes les lignes parallèles qui s'éloignent du spectateur se rencontrent en un même point, dit point de fuite. Selon le type d'objet ainsi que l'effet recherché, on peut aussi construire une représentation à deux ou trois points de fuite. De nombreuses gravures d'Escher témoignent de sa parfaite maîtrise des lois de la perspective dites classiques. Pour certaines de ses œuvres, il explorera d'autres types de représentation de l'objet dans l'espace. Ainsi, dans Main tenant un miroir sphérique (1935), il utilise une sphère qui a la propriété de réfléchir la totalité de l'espace à l'exception de ce qui se trouve directement derrière elle.
Art et perception
« Relativité », une représentation possible de l'état d'apesanteur
Dans la lithographie Relativité (1953), Escher utilise trois points de fuite, tous situés hors du cadre de la gravure : il y en a deux à l'horizon, à gauche et à droite du cadre, mais un peu plus bas, tandis que le troisième est celui du zénith. À chacun de ces points, Escher fait correspondre une gravité autonome, un état de pesanteur indépendant. Comme si le point de fuite du zénith, indiquant l'axe de pesanteur, changeait selon l'orientation de l'ouvre. On peut ainsi interpréter correctement celle-ci dans trois sens. Pourvu qu'on soit dans un monde d'apesanteur!
Art et perception
« À mon avis, l'impossibilité d'une situation ne ressort vraiment que si elle ne paraît pas immédiatement évidente. Si on veut attirer l'attention sur quelque chose d'impossible, on doit essayer d'abord de se duper soi-même puis de duper son auditoire en présentant l'ouvre de manière à occulter l'élément d'impossible, de sorte que l'observateur distrait ne le remarquera même pas. Il faut conserver un certain mystère qui ne se révèle pas tout de suite à l'oil. »
(Escher, dans Locher, 1992, p. 147)

