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Difficile
de ne pas remarquer une femme en rouge. Dans les tableaux qui suivent,
elle se présente tour à tour comme une figure spirituelle, romanesque,
charnelle.
Cette sélection pose deux jalons dans le continuum de l'histoire de l'art, l'un dans les années 1840 et l'autre dans les années 1920 et 1930. Durant cette période, la condition des femmes, et par conséquent leur représentation esthétique, a radicalement changé. Dans les uvres du XIXe siècle, les femmes sont maintenues dans leurs rôles sociaux alors que les uvres plus récentes témoignent de leur indépendance grandissante.
Cette sélection pose deux jalons dans le continuum de l'histoire de l'art, l'un dans les années 1840 et l'autre dans les années 1920 et 1930. Durant cette période, la condition des femmes, et par conséquent leur représentation esthétique, a radicalement changé. Dans les uvres du XIXe siècle, les femmes sont maintenues dans leurs rôles sociaux alors que les uvres plus récentes témoignent de leur indépendance grandissante.
Joseph
Légaré
Josephte Ourné, 1840
Ce portrait de la fille d'un chef indien est typique de la vision romanesque de la femme autochtone dans son environnement que cultive l'Europe du XIXe siècle : figure lumineuse sur fond sombre, costume cérémonial et pose stylisée du modèle qui tourne son regard vers nous se conjuguent tous pour la concrétiser.
La forêt et l'eau à l'arrière-plan du tableau représentent l'univers de cette jeune Indienne qui tient un poisson et un oiseau pour évoquer son lien à la terre. Sa tunique rouge vif ornée de plumes, de perles de verre et d'argent définit son individualité d'un point de vue principalement européen. Aujourd'hui, nous somme conscient de la perspective de Légaré qui représente cette Autochtone conformément aux conventions de son temps.
Josephte Ourné, 1840
Ce portrait de la fille d'un chef indien est typique de la vision romanesque de la femme autochtone dans son environnement que cultive l'Europe du XIXe siècle : figure lumineuse sur fond sombre, costume cérémonial et pose stylisée du modèle qui tourne son regard vers nous se conjuguent tous pour la concrétiser.
La forêt et l'eau à l'arrière-plan du tableau représentent l'univers de cette jeune Indienne qui tient un poisson et un oiseau pour évoquer son lien à la terre. Sa tunique rouge vif ornée de plumes, de perles de verre et d'argent définit son individualité d'un point de vue principalement européen. Aujourd'hui, nous somme conscient de la perspective de Légaré qui représente cette Autochtone conformément aux conventions de son temps.
Antoine
Plamondon
Sour Saint-Alphonse, 1841
Dans ce portrait de Marie-Louise-Émilie Pelletier, l'artiste oppose les tons sombres au rouge vif pour exprimer la vocation de cette jeune religieuse. Fille d'un marchand prospère, Marie-Louise a rejeté la vie bourgeoise en faveur du couvent et d'une vie consacrée aux œuvres de charité. Le rouge donne vie à un cadre par ailleurs austère. La chaise rouge installe une atmosphère de calme et de sérénité. Central au tableau, le livre rouge entre ses mains marque sa dévotion. Délimitée par l'habit empesé, la composition triangulaire isole le sujet. Pour donner de la vitalité à la chétive Marie-Louise, l'artiste a rehaussé de rouge ses joues et sa bouches. Les tableaux, tels que Sour Saint-Alphonse commandé par la famille du modèle, sont des documents importants avant que l'usage généralisé de la photographie ne vienne transformer la nature du portrait à la fin du XIXe siècle.
Sour Saint-Alphonse, 1841
Dans ce portrait de Marie-Louise-Émilie Pelletier, l'artiste oppose les tons sombres au rouge vif pour exprimer la vocation de cette jeune religieuse. Fille d'un marchand prospère, Marie-Louise a rejeté la vie bourgeoise en faveur du couvent et d'une vie consacrée aux œuvres de charité. Le rouge donne vie à un cadre par ailleurs austère. La chaise rouge installe une atmosphère de calme et de sérénité. Central au tableau, le livre rouge entre ses mains marque sa dévotion. Délimitée par l'habit empesé, la composition triangulaire isole le sujet. Pour donner de la vitalité à la chétive Marie-Louise, l'artiste a rehaussé de rouge ses joues et sa bouches. Les tableaux, tels que Sour Saint-Alphonse commandé par la famille du modèle, sont des documents importants avant que l'usage généralisé de la photographie ne vienne transformer la nature du portrait à la fin du XIXe siècle.
Alfred
Pellan
Jeune fille aux anémones, 1932 © Succession Alfred Pellan / SODRAC
Avec ses formes, ses couleurs et ses traits contrastés, Jeune fille aux anémones est une première exploration de l'abstraction et du cubisme chez Pellan, un artiste considéré comme progressiste car il initiait un public québécois plutôt conservateur aux nouvelles idées parisiennes. Ce tableau qui comporte des éléments de figuration et d'abstraction évoque aussi l'évolution de la condition sociale des femmes. Les motifs de l'arrière-plan, le châle décoratif et les fleurs aux couleurs vives sont des dispositifs visuels pour guider le regard dans l'ouvre; tous sont parsemés de rouge. En contraste aux tons froids de la carnation du modèle, les tons rouges des vêtements et de l'arrière-plan dynamisent l'ouvre. Voici une femme moderne, songeuse et toute habillée.
Jeune fille aux anémones, 1932 © Succession Alfred Pellan / SODRAC
Avec ses formes, ses couleurs et ses traits contrastés, Jeune fille aux anémones est une première exploration de l'abstraction et du cubisme chez Pellan, un artiste considéré comme progressiste car il initiait un public québécois plutôt conservateur aux nouvelles idées parisiennes. Ce tableau qui comporte des éléments de figuration et d'abstraction évoque aussi l'évolution de la condition sociale des femmes. Les motifs de l'arrière-plan, le châle décoratif et les fleurs aux couleurs vives sont des dispositifs visuels pour guider le regard dans l'ouvre; tous sont parsemés de rouge. En contraste aux tons froids de la carnation du modèle, les tons rouges des vêtements et de l'arrière-plan dynamisent l'ouvre. Voici une femme moderne, songeuse et toute habillée.
Prudence
Heward
Femme sur une colline, 1928
Prudence Heward était réputée pour ses portraits de femmes fortes et héroïques qu'elle campait comme des monuments dans des paysages bucoliques. Son sujet, une jeune femme robuste, porte une tunique bourgogne. C'est la danseuse moderne bien connue, Louise McLea. À cette époque, les artistes canadiens cherchaient de nouvelles façons d'incarner l'esprit national. Pieds nus et arborant les mêmes riches ocres que le sol et l'écorce de l'arbre, cette Femme sur une colline incarne la puissance de la terre. Son buste prolonge le tronc de l'arbre; ses jambes en évoquent les racines. Calmement posé sur nous, son regard dégage une grande maîtrise de soi. Femme sur une colline est peut-être une personnification du nouveau Canada moderne.
Femme sur une colline, 1928
Prudence Heward était réputée pour ses portraits de femmes fortes et héroïques qu'elle campait comme des monuments dans des paysages bucoliques. Son sujet, une jeune femme robuste, porte une tunique bourgogne. C'est la danseuse moderne bien connue, Louise McLea. À cette époque, les artistes canadiens cherchaient de nouvelles façons d'incarner l'esprit national. Pieds nus et arborant les mêmes riches ocres que le sol et l'écorce de l'arbre, cette Femme sur une colline incarne la puissance de la terre. Son buste prolonge le tronc de l'arbre; ses jambes en évoquent les racines. Calmement posé sur nous, son regard dégage une grande maîtrise de soi. Femme sur une colline est peut-être une personnification du nouveau Canada moderne.














